Déontologie

Charte de déontologie

L’accompagnement d’une personne ou d’un groupe de personnes dans le domaine scolaire, professionnel ou dans le cadre d’une pratique quotidienne et personnelle – formation, diagnostic pédagogique et suivi – a pour objet d’aider à développer les compétences de chacun et à trouver des solutions à des problématiques individuelles dans une perspective de développement durable.

Dans la charte qui suit, le terme “personne accompagnée” s’applique à une personne ou à chaque personne d’un groupe qui bénéficie d’un accompagnement. Le terme “orthopédagogue” désigne le professionnel chargé de l’accompagnement, du bilan, ou de la formation.

L’orthopédagogue est un expert de la problématique de l’inclusion des élèves en difficultés scolaires ou ayant une intelligence atypique en classe ordinaire. A ce titre il doit être en mesure de justifier d’une formation approfondie en orthopédagogie.

La pratique de l’accompagnement nécessite un cadre et des principes déontologiques clairement établis. Ce cadre et ces principes sont nécessaires pour que la démarche soit respectueuse des personnes et efficace. Ils favorisent notamment la relation de confiance indispensable à l’évolution comportementale de la personne accompagnée.

Les démarches d’accompagnement de l’orthopédagogue auprès d’un apprenant sont initiées sur la base d’objectifs scolaires ou professionnels tels que : 

  • Développer ma capacité d’intégration scolaire
  • Dépasser mon stress
  • Améliorer l’estime de soi
  • Clarifier mon parcours scolaire
  • Optimiser mes ressources intellectuelles et en développer de nouvelles
  • Optimiser mes performances : présentations écrites, communications orales etc.
  • Être accompagné pour mieux gérer un environnement quotidien ou mon temps de travail
  • Développer des compétences relationnelles au sein d’une équipe ou vis-à-vis des autres en général

Pour les accompagnements individuels, les objectifs font l’objet d’une validation par la personne accompagnée, par un représentant s’il est mineur, et par l’orthopédagogue au cours d’une phase préalable qui aboutit sur une convention ou un contrat moral. La démarche fait l’objet d’un bilan oral ou écrit en fin d’accompagnement.

Le but du processus d’accompagnement est que la personne accompagnée développe sa capacité à trouver des réponses et solutions, afin d’atteindre non seulement l’objectif défini, mais aussi bien d’autres objectifs à venir.

Le rôle de l’orthopédagogue est d’aider la personne accompagnée à atteindre ses objectifs et à développer son autonomie. Il s’engage sur des moyens et non sur des résultats.

L’accompagnement est une démarche clef pour le développement des personnes et l’optimisation durable de leurs performances.

Pour les accompagnements d’équipe ou les bilans, la validation peut prendre plusieurs formes tripartites ou directement avec le sponsor du projet d’intervention. A l’orthopédagogue de déterminer si le sujet et le mode d’intervention correspondent aux enjeux. 

I         Volonté d’être accompagné – Alliance avec l’orthopédagogue

Pour les groupes la demande peut être prescrite sans rencontre préalable avec les participants, auquel cas chaque individu sera encouragé, invité et respecté dans ses besoins et limites exprimées. Il s’agira pour l’orthopédagogue de favoriser une dynamique d’équipe constructive et de faciliter l’exploration de nouveaux horizons pour le groupe dans le respect des individualités présentes.

Pour un accompagnement individuel, celui-ci ne peut être efficace que si la personne accompagnée :

  • A la volonté de mener une telle démarche,
  • Souhaite l’entreprendre avec un orthopédagogue qu’elle a rencontré et choisi.

La personne accompagnée devra donc pouvoir choisir son orthopédagogue, ce qui suppose qu’elle puisse, si elle le souhaite, rencontrer plus d’un orthopédagogue. Elle doit également avoir la possibilité d’être accompagnée dans sa langue maternelle de préférence ou sa langue de travail avec un niveau C1 minimum. 

En individuel, pour favoriser la relation de confiance entre la personne accompagnée et son orthopédagogue, ce dernier évitera d’accompagner simultanément des personnes ayant des relations de travail ou familiale étroites sauf exception ; notamment ne pas suivre à la fois un enfant et son parent. Si la situation se présentait, l’orthopédagogue pourrait proposer deux orthopédagogues différents.

L’orthopédagogue peut cependant recevoir simultanément ou successivement les enfants d’une même famille. Il devra dans ce cas être particulièrement vigilant à respecter une stricte confidentialité vis-à-vis de chacune des personnes accompagnées.

Il est possible et même parfois souhaitable de faire un accompagnement individuel avant ou après un accompagnement collectif. 

II       Volonté et capacité d’accompagner

Un orthopédagogue ne doit prendre en charge une mission d’accompagnement que si, à la suite d’un premier contact, et sur la base des informations dont il dispose, il pense :

  • Avoir la compétence pour mener le processus d’accompagnement,
  • Que rien dans la demande n’est en contradiction avec ses valeurs, cette charte de déontologie et les autres chartes auxquelles il adhère.

Un orthopédagogue peut donc refuser une mission d’accompagnement. 

III      Confidentialité

Lors d’un accompagnement individuel, seule la personne accompagnée est habilitée à communiquer sur l’objectif et le contenu des séances de son accompagnement.

L’orthopédagogue d’une personne doit garder strictement confidentielle toute information sur l’accompagnement qu’il assure : personne accompagnée, objectif de l’accompagnement, contenu des séances et sessions. Il ne doit diffuser aucune information personnelle sur le sujet, que ce soit au sein de la famille ou en dehors, sauf avec l’autorisation de ce dernier, ou celle de son responsable.

Exceptions à la règle stricte de confidentialité : 

  • Pour les éléments administratifs (contrat, facture…) dans le cadre d’un contrat tripartite.
  • Pour des éléments (le plus souvent sans l’identité des parties) qui pourraient être partagés à minima en supervision (indispensable pour l’équilibre psychique de l’orthopédagogue) ou pour des besoins d’accréditations ou de certifications auprès d’organismes formateurs ; dans la mesure où ceux-ci sont également soumis à un même statut de confidentialité. 
  • Dans le cas d’une recherche scientifique, avec l’accord des personnes concernées, et en respectant leur anonymat.
  • En cas d’infraction aux lois en vigueur dans les pays ou de mise en danger de la vie d’autrui (celle de l’orthopédagogue inclus).
  • Si la vie du sujet est en danger lors de comportement extrêmes.

IV      Relations avec la famille

Pendant la durée de l’accompagnement, l’orthopédagogue est libre de contacter la famille ou les autres accompagnants de l’apprenant selon les besoins de la situation vécue par celui-ci. 

L’orthopédagogue peut être amené à conseiller les parents ou le responsable d’un enfant mineur sur les aspects qui concernent les aménagements environnementaux de cet enfant ou son orientation dans un parcours scolaire ou postbac.

Si au cours d’un accompagnement individuel, l’orthopédagogue et la personne accompagnée trouvent opportun un contact bilatéral entre l’orthopédagogue et le responsable hiérarchique ou un enseignant de la personne accompagnée, celui-ci ne peut avoir lieu que si ses conditions et son objectif ont été définis au préalable avec la personne accompagnée. De tels contacts doivent demeurer exceptionnels.

En aucun cas l’orthopédagogue ne formule un jugement sur la personne accompagnée (notamment au cours des entretiens tripartites). En formation, suivi ou lors des diagnostics pédagogiques, les évaluations se feront toujours dans le respect de la personne et pour son bénéfice. 

V       Développement de l’autonomie

L’objet de l’accompagnement est que la personne accompagnée développe son autonomie afin d’être en mesure de continuer seule son chemin une fois l’accompagnement terminé. Par conséquent, le rôle de l’orthopédagogue est de l’aider à développer sa capacité à trouver elle-même les solutions qui lui conviennent, et non de décider ou agir à sa place.

Dans cet esprit, la durée de l’accompagnement est fixée au départ de la démarche et en fonction des spécificités des jeunes et de leurs besoins. Des prolongations restent possibles.

VI      Respect de la personne accompagnée

L’orthopédagogue doit s’abstenir d’user de son influence sur la personne accompagnée de manière inappropriée : son rôle n’est pas d’être un « maître à penser ».

Il doit veiller à ce que l’accompagnement reste dans le cadre fixé initialement avec la personne accompagnée.

L’orthopédagogue doit être en mesure, si la personne accompagnée le souhaite, de lui expliquer le processus et les outils qu’il est en train d’utiliser.

VII     Respect de l’orthopédagogue

La personne accompagnée et/ou son responsable légal est co-responsable de la démarche d’accompagnement. Elle se doit en particulier :

  • De respecter le cadre des entretiens (présence, ponctualité). Elle ne peut déplacer un entretien que dans les conditions prévues avec l’orthopédagogue au début de la démarche,
  • De s’impliquer activement dans la démarche non seulement pendant les entretiens, mais également dans l’ensemble de sa scolarité ou de sa vie au quotidien.

VIII    Travail sur soi et supervision

L’orthopédagogue travaille constamment à améliorer sa pratique, et à être dans les meilleures dispositions possibles pour exercer son métier. A ce titre, il est nécessaire qu’il s’inscrive dans une démarche de formation continue tout au long de sa vie professionnelle.

En particulier, pour ne pas s’imposer à l’Autre, il doit mener un chemin personnel de connaissance de soi, et de prise de conscience des spécificités de son mode de relation aux autres.

D’autre part, il dispose d’un mode de supervision pour prendre du recul par rapport à sa pratique de l’accompagnement et y a recours régulièrement.

IX      Lieu de l’accompagnement

Dans le cas d’un accompagnement individuel, les entretiens se déroulent en général dans les locaux proposés par l’orthopédagogue afin de favoriser la prise de recul de la personne accompagnée par rapport à son environnement habituel. Ils ne se passent en aucun cas chez la personne accompagnée. Les séances peuvent se faire par visio-conférence à condition que la personne bénéficiaire puisse s’isoler. 

Les accompagnements d’équipe et les formations peuvent se faire sur le site de l’entreprise ou dans tout lieux réunissant de bonnes conditions pédagogiques. 

Les orthopédagogues adhèrent à cette charte et se tiennent au courant des évolutions de la profession et de l’éthique dans la pratique.